Après avoir été une militante active toute mon adolescence dans un collectif d’anarcho-syndicalistes et une association de jeunes pour l’environnement, je suis partie à 20 ans pour vérifier qu’il était bien possible de vivre sans argent en Europe aujourd’hui. Comme pour défier “le système”, pour être plus sûre de moi quand j’argumentais contre la monétarisation des rapports humains… et surtout pour sentir comment cela pouvait être, d’être “libre”: invisible de toute institution, oubliée par l’état, non-employée et heureuse.
Cette expérience, qui dura 9 mois, m’a bien prouvé que oui, il est possible de vivre, et de vivre bien, sans argent. La confiance devient centrale, autant ma confiance dans les autres qui m’aident, que ma capacité de leur inspirer la confiance en moi. Un certain ascetisme s’impose aussi, et j’ai découvert combien il est facile de vivre sans objets, seulement un sac à dos bien fait. Les vraies richesses ne sont pas faites d’argent, mais resident dans le lien humain que nous entretenons avec les gens et dans le lien profond et spirituel que nous avons avec la Terre et l’univers entier.
Depuis, je cherche des moyens de reintroduire la confiance et le lien humain dans les échanges, tout en reconnaissant l’utilité de l’argent.
Les trois projets que je présente ici – WITS, Living Economies, Les Écausseurs – font, je le crois, partie des solutions. J’espère pouvoir continuer à chercher et à transmettre les moyens pour créer des économies vivantes, fondées sur la confiance et la réciprocité.
