Monnaies libres

Vu les trois fonctions de l’argent, et les problèmes liés à la création d’argent d’aujourd’hui nous pouvons nous inspirer de la nature et des huit formes de richesse pour créer un design permaculturel de l’économie.

Contrôle démocratique du moyen d’échange

Un des outils indispensables pour créer des économies vivantes est l’argent en tant que moyen d’échange, que j’appelle ici « monnaie ». À l’opposée de l’argent-dette crée par les banques, nous pouvons créer notre monnaie localement et sous contrôle démocratique.

Depuis une bonne vingtaine d’années maintenant, différentes initatives ont évolué par ci par là sur notre belle planète bleue. Chacun avec son nom et ses spécificités, liés aux conditions locales.

Circulation rapide et lente

Dans une économie vivante, il faut donc un ou plusieurs moyen d’échange, mais il faut aussi que les gens puissent épargner, emprunter et investir. Dans le design de l’économie, on peut s’inspirer de l’eau dans le sol: Ce dont nous n’avons pas besoin de suite va servir à nourrir d’autres « plantes », entreprises de toute sorte, qui à leur tour enrichiront la communauté locale sur tous les plans. Un exemple de ce genre de système est la J.A.K. en Suède, même si elle fonctionne avec la monnaie nationale suédoise. Bryan Innes en Nouvelle-Zélande a dévéloppé ce système pour l’appliquer hors du cadre bancaire et il devient ainsi utilisable pour des investissements sous forme libre et réciproque.

Monnaies libres et dévises officielles

D’abord un mot sur la légalité et la légitimité de ces initatives. C’est très difficile de déterminer ce qu’est une monnaie et ce qui ne l’est pas. Dans les zones de guerre, il est très courant de marchander en cigarettes ou en bouteilles d’alcool, dans beaucoup de pays on se sert autant du dollar américain que de la dévise nationale. En France, il est interdit de produire des billets ou pièces ressemblant à la devise officielle. Mais rien n’interdit le troc, ou des systèmes qui comptabilisent les échanges entre individus.

Diversité monétaire

Il peut être bon d’avoir plusieurs différentes monnaies dans une même région ; on parle alors de diversité monétaire. La valeur de chaque monnaie est déterminé par l’ensemble de ses utilisateurs dans un jeu ouvert d’offre et demande. On peut se passer d’une autorité déterminant la valeur des monnaies s’il y en a plusieures, et s’il y a une autorité démocratique sur l’émission de chaque monnaie (poursuite pour contrefaçons).

La diversité des moyens d’échange mène aussi à un environnement économique plus stable et résilient, tout comme la biodiversité dans la nature.

Classification des monnaies libres

Il y a un très grand nombre de systèmes d’echange à travers le monde, et pour trouver des solutions adaptés aux conditions locales il faut bien étudier tous ceux qui répondent au mêmes contraintes.

Pour faciliter la compréhension des différences entre ces monnaies, je vais me servir de la classification réalisé par Jerôme Blanc* chercheur en économie. Elle exclut les monnaies qui manquent de contrôle démocratique: dévises nationales, visant la souveraineté de l’état ; points de fidelité à une entreprise ou une chaine (miles, flybuys…), visant le profit privé.

Selon Jerôme Blanc, il y a trois grand types de projets de monnaie: locales, sociales, et complémentaires. Il les a presentés lors de la Conférence International sur les Monnaies Complémentaires en février 2011. Cette classification peut, à mon avis, bien aider ceux qui voudraient mettre en place une monnaie libre.

Nature du projet

Espace considéré

Objectif

Principe

Denomination

Territorial

Espace géopolitique, un territoire défini politiquement

Définir, protéger et renforcer un territoire

Rédistribution ou contrôle politique

Monnaies locales

Social

Groupe social pré-existant ou crée par l’adhésion au projet

Définir, protéger et renforcer un groupe social

Reciprocité

Monnaies sociales

Économique

Espace économique, production et échange

Proteger, stimuler ou orienter l’économie

Marché

Monnaies complémentaires

 * Jérôme Blanc, maître de conférences en sciences économiques à l’Université Lumière Lyon 2 (depuis 1999), docteur en sciences économiques (1998). Publication ”Le problème de la classification: types et générations de monnaies sociales, complémentaires et locales”, 2010.

Contrat Creative Commons

“Permaculturelle – le diplôme” de Linnéa Lindstroem est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage à l’Identique 3.0 non transcrit.

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