Abondance, richesse… Qu’est-ce qui se cache derrière ces mots pour un permaculteur? L’individualisme de l’accumulation? Ou un altruisme qui veut tout donner? Avant de repondre à ces questions, il faut déjà chercher à comprendre ce que peut vouloir dire la richesse dans la Permaculture.
Ethan Roland dénombre, dans le numéro 68 de Permaculture Magazine (UK), huit formes de richesse réelle. Article en anglais, fortement recommandé, dont cet article ne fait qu’un court résumé.
D’abord, il parle des formes de richesse qui ne nous appartiennent pas :
- Vivante – carbone, azote, eau etc. qui sont présents dans le sol, les organismes vivants, les paysages, les écosystèmes. Le bon fonctionnement de ces cycles est la première richesse primordiale.
- Matérielle – ressources naturelles, énergie, certains outils et bâtiments, infrastructures de la communauté (locale ou nationale): elles ne m’appartiennent pas, mais leur existence est une richesse. Le contrôle de ces richesses matérielles est essentielle pour l’épanouissement d’un groupe.
Pour ces deux formes de richesse, on peut s’inspirer des cultures pré-industrielles qui regardaient les « biens communs » comme la responsabilité de chacun, mais la propriété de personne. Et un proverbe qui décrit ces richesses: « On n’hérite pas de la Terre de ses ancêtres, mais on l’emprunte à ses enfants ».
Puis, les richesses qui appartiennent à chacun/e d’entre nous et qui sont échangées entre les membres d’un groupe:
- Sociale – Tout ce qui concerne notre influence sur les autres dans le groupe et les relations. Le charisme, le charme, l’humour ou le courage – tout ce qui fait que les autres nous apprécient.
- Intellectuelle – Ce sont nos idées, nos connaissances. Tout l’imaginaire personnel, les images de nos rêves, les inventions et les solutions que nous avons trouvés.
- Expérientielle – Tout ce qui provient de l’expérience: notre savoir-faire, compétences, et la compréhension acquise à travers l’expérience.
- Spirituelle – Au fond, c’est la compréhension de notre rôle d’humain. Les valeurs spirituelles telles que l’humilité, la patience, l’amour inconditionnel. Ici se cache aussi notre sens de la vie et du vivant et la sagesse de savoir quand intervenir ou non.
Et enfin, celle qui appartient au groupe:
- Culturelle – Tous les chansons, histoires, rituels, célébrations, recettes qui fait que les individus d’un groupe se reconnaissent comme ayant la même appartenance, la même culture. Toute cette richesse ne peut exister qu’en communauté! C’est à la fois ce qui lie les personnes les unes aux autres, et leur lien avec le vivant et les cycles de la nature, les écosystèmes dont elles dépendent.
Parmi ces huit formes de richesse réelle, le système économique d’aujourd’hui en prend en compte trois ou quatre et les soumet à l’exigence de rentabilité: Les richesses vivantes (exploitation du vivant), matérielles (exploitation des ressources naturelles et infrastructures), intellectuelles (brevets) et en partie expérientielles (à travers le travail).
La permaculture cherche à développer des richesses locales sous toutes ces formes. Les richesses culturelles en particulier doivent être adaptées aux conditions locales, et à l’histoire et au passé unique du lieu. Une culture qui cherche sa durabilité dans le temps, sa permanence, a besoin de développer sa richesse vivante locale en tant que condition de vie.
