Design permaculturel de l’économie

L’éthique et les principes de la permaculture peuvent s’appliquer sur l’économie comme sur tout autre domaine de la vie.

Un design permacole pour un lieu vise la réappropriation de la production selon le modèle de la nature et de “boucler les boucles” : transformer les déchets en ressources.

Un design appliqué à l’économie vise la réappropriation des moyens d’échange et la création d’abondance locale, dans le perspectif de restaurer les écosystèmes naturels.

Éthique: Économie Vivante:
Soin de la Terre Créer des circuits d’échange qui renforcent les liens avec les éléments dont toute vie dépend
Soin des gens Prendre en compte les besoins fondamentaux des habitants de la zone concernée
Redistribution Créer de l’abondance sous toutes les huit formes de richesse et suffisamment de liquidité et confiance pour qu’elle circule
Principes: Design permaculturel de l’économie:
Observer & Interagir Déceler d’où vient et où va la richesse locale
Intercepter et stocker l’énergie Éviter les fuites de richesse (crées par les grosses chaînes de distribution et les banques notamment)
Rendements Augmenter le rendement par des stratégies naturels
Autorégulation Un système de gouvernance basée sur la consultation et la démocratie ; favoriser les circuits courts pour rester conscient des conséquences de nos choix
Ressources renouvelables Favoriser les installations locales d’énergie solaire, éolienne et micro-hydro – sous contrôle démocratique et sans déranger les écosystèmes sauvages
Zéro déchet Valoriser tous les déchets en les transformant sur place
Du global vers le détail D’abord regarder les flux locaux existants pour créer des systèmes qui vont dans le même sens ; c’est aussi l’observation du système économique global qui nous permet de trouver les solutions locales…
Intégrer Oeuvrer pour l’intégration sociale entre différents groupes pour l’enrichissement local, augmenter les rencontres entre groupes qui se fréquentent peu
Solutions petites et patientes Commencer par une partie du projet, pour prendre plus d’ampleur lorsqu’il est entré dans le domaine de l’évidence
Diversité Favoriser les métiers nouveaux qui n’existent pas encore ; être attentif aux niches économiques qui se libèrent ; faire en sorte qu’il y ait « un peu de tout » localement
Bordures et marges Prendre note des groupes marginalisés – artistes, très vieux, personnes en difficulté – et mettre en valeur leurs apports à la société
Répondre au changement en s’en servant avec créativité Rester à l’affût des résultats du projet ainsi qu’aux événements extérieurs qui influent sur le local

Nous pouvons voir qu’un design permaculturel de l’économie locale va bien plus loin que les soi-disant « relocalisations » (ref. article dans Fakir n°51). Il s’agit de découvrir les autres formes de richesses, non monnayables, et de construire une richesse commune sur le plan local. C’est cette richesse-là, dont les vestiges sont encore présentes dans les régions plus paysannes, qui est aujourd’hui exploité sous forme de plats régionaux, architecture pittoresque ou fêtes « traditionnelles ». En réalité, ces expressions de culture qui attirent tant de touristes aujourd’hui étaient des vecteurs de sens avec toute leur raison d’être dans une culture paysanne et traditionnelle:

  • la pente des toits et les matériaux de construction vernaculaires étaient ceux qui demandaient le moins d’énergie dans le long terme, disponibles sur place et renouvelables, bâtis de manière à supporter les contraintes climatiques locales
  • les spécialités locales étaient souvent ce que l’on avait en abondance, par exemple les gâteaux aux noix en Quercy: on donnait la plus grande partie des restes de noix (ayant servi à produire de l’huile) aux animaux!
  • les fêtes, quand à elles, étaient liées avec les moments forts de l’année: récoltes, semis etc, et servaient aussi à remercier tous ceux et celles qui avaient participé au travail, ainsi que la terre qui allait fournir ce dont on avait besoin.

Je n’ai pas encore, en ce jour, eu la possibilité de me consacrer à un endroit en particulier pour mettre en oeuvre un design permaculturel sur l’économie. En revanche, j’ai développé, à l’aide de nombreux livres que vous trouverez ici, une méthode de design pour le faire. Ce processus est à continuer à développer ensemble, je serai ravie d’avoir vos retours sur l’application que vous en faites!

 

Contrat Creative Commons

“Permaculturelle – le diplôme” de Linnéa Lindstroem est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage à l’Identique 3.0 non transcrit.

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