Je dois vous faire part de certaines conclusions et constats qui forment la base de mon engagement pour des économies vivantes. Ces constats m’appartiennent, dans le sens où c’est moi qui y suis parvenue de par mon expérience de vie, et que je ne les impose à personne. Si vous, qui me lisez, n’êtes pas d’accor avec ces constats, prenez-les en considération pour mieux interprêter mes projets et les conseils qui en découlent.
- L’économie est essentielle à la vie en société et elle peut être organisée d’autant de différentes manières que notre gestion de l’eau ou de la forêt. Ainsi, pour une culture permanente, il faut une économie calquée (comme tout le reste) sur le fonctionnement des écosystèmes.
- Le mot “économie” – qui vient de oikos = habitat, et nomos = loi – était appliqué en latin pour la gestion de la maison. Il indique les lois qui régissent les flux de biens et de services dans un endroit où vivent des gens. Cela signifie donc la circulation de valeur réelle (biens et services) dans une communauté, et les échanges entre une communauté et d’autres. Ces communautés peuvent être des foyers, hameaux, ou communes – ou encore un quartier, une ville ou une région, voire un pays ou continent – simplement, un endroit où des humains vivent et se considèrent appartenir au même groupe.
- La grande majorité de ces communautés perdent constamment leurs biens et leur temps. Ils s’accumulent sous forme d’argent dans les comptes des multinationales, financiers et actionnaires de la bourse. Puisque ces dernières ne sont pas dépendants directement des écosystèmes qui les entourent, ils peuvent aisément prendre des décisions qui détruisent la nature. Pour préserver et restaurer les écosystèmes, il nous faut un système économique qui favorise la relocalisation et l’interdépendance.
- Dans l’histoire de l’humanité nous pouvons déceler différentes sortes d’économie. Il y a évidemment l’économie de marché et celle de redistribution sociale, l’économie du don et celle du vol… Je les entrevois le long d’un axe, qui va d’un extrème ; le don et l’absence de propriété, à l’autre ; le droit de s’accaparer les biens et services par la force.
- La plupart des peuples préindustrialisés étaient repartis en fonction des ressources dont ils dépendaient et dont ils se considéraient les protecteurs. Ces biens n’étaient pas percus comme la propriété du groupe, mais leur condition de vie : un bien commun qui fournit son abondance et fait survivre les humains. En nous replaçant dans notre environnement naturel, dans notre société existant, nous pouvons décider ensemble de mettre notre économie au service du vivant, et créer des biens communs.
- Dans un groupe permaculturel l’économie doit servir à repartir les biens, services et savoirs pour permettre l’épanouissement et l’abondance pour tous, et créer des ressources qui nous aide à prendre soin de et à restaurer les écosystèmes autour de nous.
